Un habitat d’estive dans la Loire

Nov 01, 2012 0 commentaire par

Pour garder les troupeaux de vache le temps de l’estive, du printemps à l’automne, les paysans foréziens de la Loire(du moins un certain nombre d’entre eux) disposaient de jasseries (ou loges) où emménageaient les femmes dans les exploitations les plus modestes, rejointes par les enfants de Pâques à la Toussaint.

Pour les plus importantes, un couple de vachers était recruté afin d’assurer la saison. Aujourd’hui reconverties le plus souvent en gîtes ou en résidences secondaires pour les plus grandes, elles continuent de témoigner avec leurs murs de pierre et leur toiture si spécifique, de cette histoire agricole.

L’architecture des jasseries a varié au fil du temps et différait entre les deux versants des monts du Forez : celui situé côté Loire et celui s’en allant vers l’Auvergne.
Les plus grandes étaient situées du côté forézien ; on comptait des troupeaux allant de trois/quatre à plus d’une quarantaine de bêtes par jasserie.
À Colleigne, les loges mesuraient environ 22m de long par 8m de large ; les murs étaient en pierre. Leur toit, assez plat, était couvert de tuiles. Une seule porte permettait l’accès aux gens et aux bêtes.
D’autres jasseries avaient une porte pour desservir la logette et une pour l’écurie, avec en plus un étage pour la chambre.
Les jasseries épousaient le dénivelé du terrain, un ou deux murs étaient enterrés.
De l’étable dite écurie, on accédait par une échelle à la fenière où une petite quantité de foin était engrangée en cas de mauvais temps ou de vêlages tardifs.

Celles situées du côté auvergnat avaient un style légèrement différent, avec un toit plus pentu, recouvert de chaume avant que ce matériau traditionnel ne soit remplacé par de la tôle. Un pan de la toiture descendait jusqu’au sol, la grange était à l’étage on y pénétrait par une porte à deux battants ouverte sur le pignon du haut. En dessous, de plain-pied, se trouvaient la logette et l’écurie. Cette logette, pièce de vie de la jasserie comportait notamment une vaste cheminée. Dans le prolongement de la logette se trouvaient le cavon, puis la cave voûtée où un filet d’eau arrivait en permanence, pour l’affinage et la bonne conservation des fourmes.

L’histoire de cet habitat d’estive, les méthodes constructives utilisées sont très bien explicitées à la Maison sauvagnarde, officiellement appelée « Musée de la fourme et des traditions ».

Musée de la fourme et des traditions
42990 SAUVIN
Tél. : 04 77 76 85 21
www.museedelafourme.com

credit photo : La Maison Sauvagnarde

Architecture, Eco Construction, Reportages

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