Quid de la RT 2012 ?

Sep 09, 2013 0 commentaire par

Après quelques mois de réelle mise en place de la réglementation thermique 2012, comment s’applique-t-elle ?

« Si avant la RT 2012, les entreprises de bâtiment avaient des obligations de moyens, aujourd’hui, elles ont des obligations de résultats de performance. A savoir, une consommation d’énergie encadrée, explique en préambule Cédric Chastaing, du bureau d’étude thermique Agicces, installé à Romagnat. »

RT 2012 en sept points

La RT 2012 impose :

bastide_bondoux_002_13072011-1Une consommation énergétique des bâtiments neufs maximale de 50 kWhEP/m2/an. Ce chiffre est toutefois modulé selon différents critères (localisation géographique, type de bâtiment, …),

  • le traitement des ponts thermiques,
  • le recours à une énergie renouvelable, au moins,
  • une surface minimale de baie ( vitrée et porte d’entrée) de
  • 1/6eme de la surface habitable ( pour une maison de 120 m2, la
  • surface de baie doit représenter 20 m2,
  • la vérification de la bonne mise en oeuvre des matériaux par un test d’étanchéité à l’air,
  • la mise à disposition d’un système permettant de sensibiliser l’utilisateur sur sa consommation d’énergie par poste.
  • enfin un contrôle sur site obligatoire à l’achèvement des travaux afin d’attester que la règlementation thermique a été prise en compte.

Difficultés d’application

bastide_bondoux_010_13072011-8Si la RT 2012 est intéressante sur le fond en terme de volonté d’économie d’énergie, elle est très contraignante en phase conception pour l’ensemble des acteurs et difficilement apréhendable du fait de la complexité du mode de calcul.

De plus, le niveau de performance à atteindre, les calculs complexes et les contrôles obligatoires génèrent un surcoût financier important.

Du fait de l’absence d’obligation de moyen, les industriels manquent de repères pour le développement de leurs produits. La valorisation des produits certifiés à l’effet pervers de générer une forte attente au niveau des organismes certificateurs et les bureaux d’études se trouvent confrontés à l’absence de valeur à renseigner dans le moteur de calcul.

rt-2012L’évolution permanente du moteur de calcul mis en place par le CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment) n’aide pas non plus à stabiliser les choses et figer les solutions.

La RT 2012 impose un tel niveau d’exigence qu’il n’y a souvent que quelques kWh de différence de consommation entre un projet très performance au sens de la RT et un projet non conforme. De ce fait, la mise en conformité peut générer un surcoût important pour un bénéfice somme toute relatif.

Chaque maison doit être étudiée au cas par cas afin d’optimiser au mieux les éléments à mettre en oeuvre.

Devant la complexité de sa mise en place, les constructeurs de maisons individuelles sont plus structurés et mieux préparés, alors que certains architectes et la plupart des maitres d’ouvrage se sentent un peu perdus.

Plus d’engagement de la part des BET

Auparavant, le Bureau d’Etude Thermique (BET) vérifiait le respect de la RT 2005. Aujourd’hui, ceux-ci passent beaucoup de temps à optimiser et préconiser les solutions les mieux adaptées à chaque projet pour respecter la RT 2012 ; aussi bien en matière de bioclimatique, que de système de chauffage ou encore de niveau d’isolation.

Avec la RT 2012, les besoins en énergie sont très faibles, du fait de la performance du bâti. Ainsi, le dimensionnement (calcul de puissance de l’appareil à installer) des équipements est primordial.

En effet, contrairement aux idées reçues, un appareil trop puissant ne génère pas nécessairement une surconsommation, mais plutôt un inconfort des occupants.

L’émetteur peut fonctionner en tout ou rien sur de courtes durées et créer des trains de chaleur entrainant une sensation désagréable.

Une difficulté aussi, concerne le comptage de l’énergie utilisée qui ne prend pas en compte tout ce qui est domestique ( grill pain, fer à repasser …)

Cas des extensions …

Les extensions de plus de 30 % de la superficie de l’existant ou de 150 m2 sont soumises à la RT 2012.

Depuis la sortie de la fiche d’application le 08/07/2013, les modalités de calcul sur les extensions sont connues. Avant cette fiche, les bureaux d’études ne savait pas comment réaliser les calculs ; après cette fiche, les bureaux d’études savent comment réaliser les calculs mais ne savent pas comment les maîtres d’ouvrage pourront payer les travaux tellement cette réglementaion semble contraignante et, pour tout dire, difficilement applicable.

De ce fait, les projets d’extension risquent d’être bloqués alors qu’ils sont de plus en plus fréquents du fait de la crise économique.

 

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