Quelles sont les avancées de la réglementation 2012 ?

Août 21, 2012 0 commentaire par

Sous le terme un peu barbare de RT 2012 se cache une petite révolution en matière d’efficacité énergétique.

Si la réglementation thermique 2005 était peu suivie d’effets, faute de contrôles, la RT 2012 prend un caractère obligatoire. Ainsi, suite aux orientations retenues à l’issue des tables rondes du Grenelle de l’environnement à l’automne 2007, la France a procédé à une mutation écologique, avec notamment le renforcement de la réglementation thermique 2012 à laquelle tous les types de bâtiments sont soumis.

Fumigènes pour test d’étanchéité

La RT 2012 est applicable à toutes les demandes de permis de construire déposées à partir du 1er janvier 2013 pour les bâtiments neufs à usage d’habitation (maisons individuelles ou accolées, logements collectifs, cités universitaires, foyers de jeunes travailleurs).

L’engagement

Conformément à l’article 4 de la loi Grenelle 1, la RT 2012 a pour objectif de limiter la consommation d’énergie primaire des bâtiments neufs. Cette limitation doit également susciter une évolution technologique et industrielle significative pour toutes les filières du bâti et des équipements. De même, un très bon niveau de qualité énergétique du bâti doit-être obtenu, indépendamment du choix de système énergétique. Concrètement, afin d’atteindre les exigences de la RT 2012, par rapport à la RT 2005, il faudra diviser par quatre la consommation lorsqu’il s’agit d’électricité et par deux lorsqu’il s’agit de gaz ou de fioul. Et enfin, un équilibre technique et économique doit être trouvé entre les énergies utilisées pour le chauffage et la production d’eau chaude sanitaire,. La réglementation thermique 2012 est avant tout une réglementation d’objectifs et comporte trois exigences de résultats :
■ besoin bioclimatique (bioclimatique rapport entre l’environnement, l’habitat et les occupants) ,
■ consommation d’énergie primaire,
■ confort en été.

De même, seul le résultat en terme de consommation d’énergie sera prise en compte et non les moyens à mettre en oeuvre pour les obtenir. Les compensations seront aussi possibles, explique le professionnel. Par exemple, une surface importante de baie vitrée (déperdition d’énergie) sera compensée par l’utilisation d’un panneau solaire.

L’efficacité énergétique du bâti

L’exigence d’efficacité énergétique minimale du bâti est définie par le coefficient «Bbiomax» (besoins bioclimatiques du bâti). Cette exigence impose une consommation d’énergie maximum pour le chauffage, le refroidissement et l’éclairage, imposant ainsi son optimisation, indépendamment des systèmes énergétiques mis en oeuvre.

La consommation énergétique du bâtiment

L’exigence de consommation conventionnelle maximale d’énergie primaire se traduit par le coefficient « Cepmax », portant sur les consommations de chauffage, de refroidissement, d’éclairage, de production d’eau chaude sanitaire et d’auxiliaires (pompes et ventilateurs). (L’énergie primaire est l’ensemble des produits énergétiques non transformés, exploités directement ou importés. Il s’agit principalement de pétrole brut… source INSEE). Conformément à l’article 4 de la loi Grenelle 1, la valeur du Cepmax s’élève à 50 kWh/(m².an) d’énergie primaire, modulé selon la localisation géographique, l’altitude, le type d’usage du bâtiment, la surface moyenne des logements et les émissions de gaz à effet de serre pour le bois énergie et les réseaux de chaleur les moins émetteurs de CO2.

Cette exigence impose, en plus de l’optimisation du bâti exprimée par le Bbio, le recours à des équipements énergétiques performants, à haut rendement.
En effet, en maison individuelle, sur la consommation exprimée en Coefficient d’énergie primaire, au moins 5 kWhep/m².an devront être obtenus via une source d’énergie renouvelable.
De plus, la RT 2012 impose le recours à au moins un équipement très performant : chauffe-eau solaire thermique, chauffe-eau thermodynamique, pompe à chaleur, chaudière à micro-cogénération … Enfin, la RT 2012 impose une température maximum intérieure atteinte au cours d’une séquence cinq jours chauds ( isolation suffisante afin de lutter contre la chaleur sans l’utilisation d’un climatiseur).

Les exigences de moyens

Porte soufflante

Pour répondre aux objectifs de résultats, la RT 2012 rend obligatoire le traitement des ponts thermiques et le traitement de l’étanchéité à l’air, avec test de la «porte soufflante» obligatoire dans le collectif. De même, une surface minimum des baies vitrées est exigée, dans un souci de confort.

Enfin, l’affichage des consommations de la maison sera obligatoire.

Logiciel de test d’etancheité

D’une manière générale, la RT 2012 va impliquer un travail d’équipe entre différentes professions : architectes, thermiciens, entreprises. Il leur faudra changer en profondeur leurs méthodologies de travail et intégrer toutes les exigences dès la phase d’avant-projet. Pour les professionnels, cette nouvelle réglementation thermique est un juste retour au bon sens. Le bâtiment devra désormais être implanté de manière rationnelle par rapport à l’orientation du terrain ou de l’altitude. De même, l’étude thermique préalable imposera, éventuellement, des choix différents de ceux voulus par le client final (limitation des fenêtres orientées au nord par exemple…).

Un surcoût pour le particulier ?

Nous l’aurons compris, la RT 2012 impose non seulement une étude préalable mais surtout une conception et une mise en oeuvre au moyen de matériaux et d’équipements efficaces et de qualité. «La plupart des entreprises ont déjà adopté ses normes depuis plusieurs années, explique un constructeur de maisons à ossature bois.» le surcout devrait-être minimisé par une bonne gestion du projet. ■

RT 2012, Votre projet

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