Quelles responsabilités du vendeur en cas de vice caché ?

Mai 19, 2014 0 commentaire par

L’acquéreur d’un bien immobilier qui découvre, après son achat, un défaut jusqu’alors invisible, peut demander l’annulation de la transaction ou un remboursement d’une partie du prix.

Dans quelles conditions peut-on invoquer la garantie des vices cachés?

Le vendeur reste responsable, après la transaction, des défauts du logement qui étaient cachés au moment de la vente, lorsque ceux-ci «rendent le bien impropre à l’usage auquel on le destinait ou diminuent tellement cet usage que l’acquéreur n’aurait pas pris la décision d’achat, ou en tout cas pas à ce prix-là, s’il en avait eu connaissance» (article 1641 du Code civil). À l’inverse, le vendeur n’est pas responsable des défauts qui étaient apparents (article 1642). La jurisprudence juge ainsi que constituent des vices cachés: la présence de termites ou d’amiante dans le logement, l’absence de fondations, l’existence de carrières souterraines engendrant une instabilité du bâti, le défaut de raccordement au réseau public d’évacuation des eaux usées, ou encore des nuisances acoustiques dues à des cloisons d’épaisseur insuffisante.

Le vendeur peut-il s’exonérer de sa responsabilité?

Le vendeur peut se dédouaner en insérant, dans l’acte de vente, une lause indiquant qu’il ne sera pas tenu de garantir l’acquéreur en cas de vice caché. Ces clauses, présentes dans la majorité des actes notariés, ne sont valables que si le vendeur est un non-professionnel et qu’il est de bonne foi. Tel est le cas, par exemple, d’un vendeur qui n’avait pas connaissance, au jour de la vente, de la présence de mérules (champignons destructeurs du bois) dans les poutres de sa maison, puisque le diagnostic technique qu’il avait fait établir n’en faisait pas mention.
En revanche, le vendeur manifestement de mauvaise foi ne peut invoquer cette clause, par exemple lorsqu’il a colmaté et repeint un plancher et des plinthes pour cacher la présence de ternîtes, ou qu’il a réalisé des travaux pour dissimuler des fissures affectant la structure même du bâti. Attention, même si le vendeur ne commet aucun acte de dissimulation, il peut être considéré comme étant de mauvaise foi dès lors qu’il est au courant du défaut et qu’il n’en a pas averti l’acquéreur.

Que risque le vendeur  en cas de découverte d’un vice caché?

Si le vendeur est déclaré responsable des vices cachés par le juge, l’acquéreur peut, au choix, demander l’annulation de la vente ou une diminution de son prix (articles 1644 et 1646 du Code civil). S’il choisit l’annulation de la vente, le vendeur doit lui rembourser le prix d’acquisition ainsi que les frais de notaire. S’il choisit une réduction du prix, il revient à un expert d’en déterminer le montant. Le vendeur de mauvaise foi peut en outre être condamné à verser des dommages et intérêts (article 1645 du Code civil). Attention, l’action en garantie contre les vices cachés doit être intentée dans les deux ans suivant la découverte du défaut (article 1648 du Code civil). C’est au vendeur de prouver que la découverte du vice caché a eu lieu plus de deux ans avant l’introduction de l’action en justice.

Sources : www.lefigaro.fr/immobilier

Législation

A propos de l'auteur

L'auteur n'a pas encore ajouté d'informations à son profil
Aucune réponse à “Quelles responsabilités du vendeur en cas de vice caché ?”

Laisser une réponse