Pourquoi les toitures végétales ont le vent en poupe ?

Oct 16, 2012 3 commentaires par

Il n’est plus rare aujourd’hui, au détour d’une rue ou d’un quartier, de voir un complexe public coiffé d’une toiture végétale en terrasse ou en pente, parfois prolongée par des murs verticaux (façades végétales).
Derrière ces plantations aériennes, toujours originales et s’accordant parfaitement à une architecture moderne et novatrice, se cache une très haute technicité qui fait l’objet de recherches permanentes.

Les toitures végétales ont le vent en poupe
Nous avons rencontré Edith Berrodier, de la société SURYA NA, spécialiste de la mise en oeuvre de toitures végétales en Rhône- Alpes. Elle nous explique les différentes techniques et les avantages de ces procédés.

« Nous distinguons les toitures végétalisées extensives des toitures semi-intensives ou intensives utilisant un complexe de culture élaboré, d’épaisseur moyenne à importante pour réaliser un espace végétal paysagé en toiture.
La toiture végétalisée extensive, quant à elle utilise un complexe de culture élaboré de faible épaisseur, permettant la réalisation d’un couvert végétal. Le procédé que nous avons choisi de commercialiser, présente de nombreux avantages.
Breveté par la société Vertige en Aquitaine, il se caractérise par un tapis en fibre végétal venant remplacer la couche de substrat et dans lequel viendra s’enraciner la végétation ensuite déroulée sous forme de tapis pré-cultivés.
Plus légère et d’épaisseur moindre, cette technique demande donc moins d’entretien.
Un système d’irrigation en goutte à goutte a été intégré dans le « tapis végétal Vertige ». Il est indispensable dans les régions du sud et en Rhône-Alpes, et s’installe selon la situation géographique et l’exposition du bâtiment. Le fait de mettre en oeuvre un complexe de seulement 37 kg/m² (pour le procédé Vertige) ou de 75 à 140 kg/m² à saturation d’eau (pour des procédés plus classique), fait de ce système un atout majeur pour la structure porteuse qui le soutient.

La végétation proprement dite

Le Sedum, qui compose habituellement tous les types de toitures végétalisées extensives, est une herbe commune très répandue. C’est une plante grasse, très résistante aux variations de température et plutôt rase. Elle a l’avantage de n’avoir besoin que de très peu de substrat car s’adaptant parfaitement aux terrains de type minéral.
Par ailleurs, le Sedum est très résistant aux coups de vent, au gel et aux fortes chaleurs, et il possède la capacité de se régénérer tout seul. Pour parfaire le tout, c’est une plante aux couleurs variées et chaleureuses. On l’observera rouge en hiver, verte en été, fleurie en juin et juillet.
Il existe environ 20 variétés, dont 6 à 7 ont été sélectionnées pour les tapis standards. Il est tout à fait possible de choisir une variété particulière, avec cependant une incidence sur le coût de fabrication.

Après un an, quand l’enracinement s’est opéré, il est possible d’ajouter des végétaux de type bulbeux (Jacynthe, Iris…) pour donner à la toiture l’aspect d’un parc aux couleurs variées.

Le tapis végétal que propose la société Vertige est à base chanvre, à l’intérieur duquel est intégré un système d’irrigation. Celui-ci est commandé par un programmateur qui peut être réglé en fonction de la situation géographique et climatique du bâtiment. Dans tous les cas, une faible quantité d’eau est nécessaire pour alimenter la végétation, puisque 5 mn par jour ou par semaine suffisent (sur quelques semaines par an seulement). En outre une sonde d’humidité reliée au programmateur permet de mettre en veille la programmation par temps de pluie et de stopper le goutte à goutte alors inutile.

Les avantages d’une cinquième façade végétale

Sur le plan architectural, nombreux sont ceux qui reconnaissent l’incontestable esthétisme d’une toiture végétale parfaitement intégrée à son environnement. Mieux encore, les élus de nos grandes villes y voient une solution pour ramener de la nature en ville et sur des surfaces importantes.

Sur le plan technique, la végétation sur une toiture permet une isolation supplémentaire été comme hiver ainsi qu’une régulation des températures, grâce à l’évapo-transpiration des plantes. Il s’agit d’une forme de climatisation naturelle amenant un confort d’été.

Par ailleurs, la masse végétale a pour caractéristique d’absorber les ondes, ce qui améliore sensiblement l’acoustique vis-à-vis des bruits extérieurs et des impacts comme la pluie ou la grêle.

Un autre avantage, et non des moindres, est le renforcement de l’étanchéité. En effet, la couche végétale prolonge significativement sa durée de vie (jusqu’à deux fois plus). La terrasse est également mieux protégée contre les chocs thermiques et les U.V. : sur une terrasse classique où les températures peuvent atteindre jusqu’à 80°C l’été, le Sedum permet leur limitation à 30°C maximum, au plus fort des chaleurs.

Le tapis végétal permet aussi une bonne gestion hygrométrique (pluies) puisque le Sedum joue un rôle d’éponge et de rétention d’eau, en gardant une partie pour sa propre alimentation, pendant qu’une autre partie s’évapore ou s’évacue dans le réseau.

Ce processus pourrait intéresser les pouvoirs publics pour le désengorgement des réseaux d’eau, toujours plus surchargés. C’est d’ailleurs le choix de certaines communes que d’accepter les toitures terrasses sur leur territoire, à condition qu’elles soient végétalisées.

Il est également facile d’installer un récupérateur d’eau de pluie muni d’un système de pompage pour alimenter les faibles besoins en eau du tapis végétal, ainsi que pour l’arrosage et les besoins de la maison.

Un bilan écologique performant

Le système de toiture végétale est écologique à environ 95 % ; il est en effet recyclable, absorbe le CO² de l’air tout en rejetant de l’oxygène (principe de la photosynthèse), fixe les poussières atmosphériques, rafraîchit la température ambiante des villes et favorise la biodiversité.

L’ensemble du procédé répond à 11 des 14 cibles que compte la démarche HQE (Haute Qualité Environnementale).

Coût et entretien maîtrisés

Le coût du procédé de végétalisation de toitures développé par la société Vertige pour une surface moyenne de 100m² est d’environ 100 euros par m² fourni posé.

Il faut prévoir un minimum d’entretien annuel (ramassage des feuilles d’automne, désherbage, vérification des évacuations d’eaux pluviales, des différents filtres ou encore du système d’arrosage éventuel). Dans le cas contraire, il est bon d’arroser un minimum pendant les fortes périodes de sécheresse.

Il est également conseillé d’ajouter un fertilisant une fois tous les deux ans, afin de régénérer les végétaux. Nous proposons de prendre en charge ces tâches dans un contrat d’entretien, condition sine qua none pour que notre système soit garanti à vie.

Des professionnels en ordre de bataille

Une association pour les toitures végétalisées, l’ADIVET, a été créée voici quelques années : elle regroupe des professionnels du secteur dont l’objectif est de promouvoir ces techniques, de les faire évoluer et d’établir des règles claires qui aideront de plus en plus de professionnels à rejoindre les « faiseurs de toitures végétales ».

Ce marché est en plein essor car il intéresse aujourd’hui les collectivités, les bâtiments industriels, les grandes surfaces, les bâtiments modulaires, les promoteurs d’immeubles d’habitation, les gestionnaires de parc (comme l’OPAC – Office Public d’Aménagement et de Construction – qui a déjà lancé des appels d’offre à ce sujet), et enfin les particuliers. Ces derniers étaient jusqu’ici freinés par les idées reçues sur ces techniques et le coût de leur mise en oeuvre, bien moindre aujourd’hui. »

Ste Surya’Na
2147 Route de Lyon
38540 Valencin
Tél: 06 46 47 68 73
www.suryana.fr

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3s réponses to “Pourquoi les toitures végétales ont le vent en poupe ?”

  1. Eric says:

    100 euro du M2 ????
    je crois qu’il y à beaucoup moins chère avec des produits bio et écolo comme le biosedum

  2. gaby says:

    100 euro ??? pour – de 30 euro vous pouvez le faire en biosedum !

  3. Gaby says:

    vous avez dit :  » Il existe environ 20 variétés, dont 6 à 7 ont été sélectionnées pour les tapis standards ‘ c’est complètement bien renseigné.

    il existe plus de 700 variétés de sedums, et des producteurs comme la pépinière du chardon bleu dans le Morvan en cultive déjà plus de 150 variétés et propose dans leur mélange de fragments , et de biosedums 40 variétés…pour un tarif de 2 à 4 euro du M2…….

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