Pourquoi isoler par l’extérieur en rénovation ?

Juin 18, 2012 1 commentaire par

Procédé éprouvé, n’impactant pas l’intérieur du bâtiment, supprimant les ponts thermiques et permettant en outre de procéder à un ravalement lorsque cela est nécessaire, l’isolation par l’extérieur ne manque pas d’atouts. A condition de laisser de côté certaines idées reçues.

Sarl Trim

La consommation énergétique d’une maison peut varier de 1 à 4 suivant le niveau d’isolation. Ainsi, un logement construit suivant les normes les plus exigeantes consomme environ 60 kWh par m2 et par an quand une maison ancienne peut engloutir jusqu’à 240 kWh par m2 et par an, lorsque ce n’est pas davantage.

On sait par ailleurs qu’environ 87 % de la consommation énergétique d’un logement passe dans le chauffage. D’où l’importance de disposer, à côté d’un système de chauffage performant, d’une excellente isolation.
Elle permet de faire chuter très sensiblement la facture d’électricité ou de gaz. Seulement parler d’isolation d’une maison existante, c’est poser la question de l’impact de ces travaux sur l’intérieur du bâtiment…

Comment ne pas refaire entièrement l’intérieur, lorsqu’on veut isoler son logement individuel.

La perspective d’avoir à reprendre la totalité des papiers peints, des peintures, d’avoir à traiter les encadrements de fenêtres ou encore de déplacer les réseaux électrique ou d’eau passant le long du mur en a découragé plus d’un.
Pourtant, une solution permet d’éviter cela : opter pour l’isolation thermique par l’extérieur. Outre le fait de ne pas impacter l’intérieur du bâtiment, cette technique présente l’avantage de ne pas réduire la surface habitable de la maison puisque l’épaisseur de l’isolant vient s’ajouter en façade.

Isolation des murs extérieurs en fibre de bois - Kenzaï

Par ailleurs, l’isolation thermique par l’extérieur permet de procéder, dans le même temps, à la réfection de la façade de la maison. D’où l’intérêt de s’interroger sur l’opportunité d’engager de tels travaux lorsqu’on envisage de rafraîchir l’extérieur de son habitation.
Enfin, elle offre l’avantage de limiter, voire de supprimer (en fonction des modes de construction) les ponts thermiques, source de déperdition énergétique.

D’une manière générale, l’isolation par l’extérieur consiste à appliquer un isolant contre le mur de la maison et à recouvrir celui-ci d’une sorte de peau, le mettant à l’abri des intempéries et des agressions extérieures.
Toutefois, plusieurs techniques existent et leur mise en oeuvre, comme le rendu final, peuvent varier de façon significative.
Ainsi recense-t-on quatre grandes catégories :
■ le bardage,
■ l’enduit mince,
■ l’enduit hydraulique et enfin
■ la vêture ou le vêtage (voir encadré ci-dessous).

Des techniques différentes qui induisent également l’utilisation de matériaux isolants divers :
■ le polystyrène blanc ou gris suivant l’efficacité voulue,
■ la fibre de bois et
■ la laine de roche.

Dans la plupart des cas, il est possible de mettre en oeuvre un procédé d’isolation par l’extérieur.

Il est toutefois nécessaire de vérifier l’état et les caractéristiques des murs. Ainsi, comme le précise l’Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat (Anah), « il convient de s’assurer que le système d’accrochage peut être correctement ancré ou, en cas d’isolant collé, que la colle va bien adhérer au mur ».
Il faut pour cela prendre en compte, en plus de l’état du support, le poids du revêtement, de l’isolant, ainsi que les conséquences du vent.
L’Anah ajoute que « les systèmes d’enduits sur isolant doivent être posés sur des murs
■ plans,
■ secs,
■ sans fissures,
■ décapés lorsqu’ils étaient couverts par une ancienne peinture ou un revêtement organique.

Isolation de la toiture par l'extérieur en fibre de bois - Kenzaï

Enfin, lorsque la surface du mur est importante, les variations dimensionnelles du support peuvent être fortes et il sera nécessaire de fractionner la surface, ce qui conduit à des joints visibles sur le mur ». C’est par exemple le cas lorsque la finition se fait à l’aide d’enduits hydrauliques : la surface d’un seul tenant est limitée à 35 m2.

Le choix de la technique d’isolation par l’extérieur d’une maison va également se faire en fonction de la situation du bâtiment et de sa possible exposition aux chocs ou aux dégradations. Ainsi, les traitements des bas de mur peuvent faire l’objet d’une mise en oeuvre particulière. Les risques de coups portés au système d’isolation peuvent également conduire à opter pour une techniques plutôt que pour une autre, ou bien à utiliser des systèmes renforcés, afin d’améliorer la résistance du dispositif. «Très efficace, elle préserve aussi l’inertie des murs intérieurs»

L’isolation par l’extérieur est-elle aussi efficace que par l’intérieur ?

Oui, elle l’est même davantage puisqu’on supprime tous les ponts thermiques de structure, comme par exemple celui créé par la dalle béton. Par ailleurs, avec l’isolation par l’extérieur, on conserve toute l’inertie du mur à l’intérieur, un peu comme cela se passe dans les maisons anciennes. On peut ajouter que dans un pays comme l’Allemagne, l’isolation par l’extérieur est aujourd’hui quasi systématique !

Est-ce une technique applicable à toutes les maisons ?

Oui, les principales contraintes étant ordre esthétique. Mais on peut refaire toutes les finitions d’origine ; après c’est une question de coût. Il faut également voir qu’en matière d’isolation par l’extérieur, ce n’est pas tout ou rien. Il est tout à fait possible de ne faire qu’une partie des façades, et notamment celles les plus exposées au froid.

Les différents types d’isolants sontils aussi efficaces les uns que les autres ?

Tous les matériaux d’isolation ont une efficacité énergétique à peu près équivalente. Toutefois, un certain nombre d’autres critères entrent en compte dans le choix. Pour des habitats anciens construits à partir de pierre, de pisé, de mâchefer ou même de bois, les murs ont la spécificité de laisser migrer la vapeur d’eau à l’extérieur, évitant ainsi toute saturation d’humidité dans le mur. Dans ce cas, il convient de choisir un matériau d’isolation par l’extérieur qui laisse respirer le mur. La laine de bois est par exemple adaptée à ces situations.

Si la maison à isoler donne directementsur la voie publique, l’isolation par l’extérieur n’est-elle pas déconseillée en raison de risques de détérioration ?

La fragilité du matériau isolant en surface n’est pas une contrainte car il y a des solutions. C’est la solidité de la paroi finale qui va offrir la résistance aux chocs ; par exemple grâce à de la fibre de bois haute densité ou à des panneaux de type fibralith. Ces deux matériaux sont en plus tout à fait adaptés à une finition crépie.

Est-ce une technique durable dans le temps ?

Si on est sur des isolants d’origine végétale tels que la laine de bois, et si la pose est faite dans le respect des règles de l’art, la durée de vie est de plusieurs dizaines d’années.

Les différentes techniques

L’enduit mince :
sur un isolant collé ou fi xé mécaniquement au mur, on applique en deux couches, auxquelles s’ajoute une couche de fi nition, un enduit (généralement à base de résine) qui formera une peau de 3 à 5 mm d’épaisseur et qui aura été renforcé d’une armature (fibre de verre) dans la première couche.

L’enduit hydraulique :
beaucoup plus épais que l’enduit mince, l’enduit hydraulique (15 à 20 mm d’épaisseur) composé de sable, de ciment (ou de chaux) ainsi que d’un peu de résine, forme une peau sur l’isolant collé ou fixé mécaniquement au mur. Un treillis en fibre de verre ou en métal, posé lors de la première couche, vient renforcer le dispositif complété d’une deuxième couche ainsi que d’une couche de finition.

Le bardage :
afin de recouvrir l’isolant fixé au mur, on met en place une ossature, elle-même fixée au mur à travers l’isolant. Celle-ci servira de support à des tuiles, de l’ardoise, du bois assemblé à clins ou encore du zinc. Une autre technique de finition consiste à recouvrir l’isolant de pierres fixées à des attaches scellées dans le mur.

La vêture :
il s’agit d’un système « complet » où l’isolant et la finition ne font qu’un et se posent en une seule fois, généralement sur un support fixé au mur tel un rail.

Le vêtage :
cette technique associe un isolant fixé au mur sur lequel est ensuite placé le revêtement, soit au moyen de vis chevillées, soit au moyen de clous-chevilles.

Polystyrène et enduit mince : la solution économique

Depuis de nombreuses années, l’entreprise Zolpan a développé une gamme de produits d’isolation par l’extérieur.

Selon Pierrick Frouin, « cette technique concerne en France plus de 90 % du marché de la rénovation et la demande se tourne principalement vers la technique de l’isolant en polystyrène (collé ou fixé mécaniquement), recouvert d’un complexe composé d’un sous enduit armé avec ensuite une couche de finition esthétique ».

C’est la solution la plus économique, les différences de prix pouvant varier de 1 à 5 suivant les techniques et les produits mis en oeuvre. « Par rapport à un ravalement classique, précise M. Frouin, la solution d’isolation par l’extérieur avec polystyrène et enduit mince peut coûter trois à quatre fois plus cher, mais si on prend en compte les gains en termes d’économies d’énergie, les aides fiscales accordées par l’Etat et le prêt à taux zéro, le retour sur investissement est inférieur à 10 ans ».

Et cette période peut même être plus courte si des aides complémentaires (Ademe, Anah) interviennent.

 

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1 réponse to “Pourquoi isoler par l’extérieur en rénovation ?”

  1. Optiréno says:

    A noter qu’avec la loi de la rénovation thermique qui va rentrer en application courant 2014 ce type de travaux d’isolation par l’extérieur va connaître une forte demande dans les années à venir mais aussi dès 2014. Aux entreprises et artisans de correctement se préparer pour faire face à cette demande. Quand aux particuliers, faites attention au choix que vous pourriez faire, qu’ils soient techniques ou concernant l’entreprise choisie.

    Je ne connaissais pas ce site, mais il regorge de pas mal d’infos assez bien fichues. Bravo !

    Alexandra.

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