MATÉRIAUX ÉCOLOGIQUES OU VERTS ?

Avr 29, 2015 0 commentaire par

Si la tendance est à la maison écolo, il est courant de faire une superposition entre matériaux écologiques et matériaux verts. Quelle est la différence entre un produit écolo et un produit vert ? Tour d’horizon …

Un produit est reconnu écologique lorsqu’il est issu d’une source renouvelable ou abondante dans la nature. De même, selon les principes de la Haute Qualité Environnementale, il est recyclable et produit localement afin de limiter la dépense énergétique liée au transport.
Les matériaux naturels sont par définition écologiques, mais à des degrés divers. Du moins, en ce qui concerne leur bilan « d’énergie grise », qui correspond à l’énergie dépensée tout au long de leur cycle de vie.
Ainsi, les plus économes, entre 0 et 300 kWh/m3, sont par ordre de performance : la botte de paille, la pierre à bâtir (dont la ponce naturelle), le parpaing de bois, le béton de chanvre, l’adobe et le pisé, le béton de pierre ponce, et enfin le bloc béton (ou parpaing).
Dans une fourchette entre 320 et 560 kWh/m3, se situent les bois massifs résineux, la brique silico-calcaire, le béton cellulaire et les bois feuillus lourds. Les plus énergivores des matériaux naturels ou définis comme tels sont les briques de terre crue (type BTC) ou cuite et les dérivés du bois, qui consomment respectivement de 600 à 1440 kWh/m3 et de 2200 à 4000 kWh/m3.
En ce qui concerne l’acier. D’une part, ce métal nécessite une grande énergie pour sa fabrication (avec 60 000 kWh/ m3), mais, sous forme de profilés d’ossatures porteuses ou secondaires, il est issu du recyclage. Il acquiert ainsi des qualité en terme de préservation de l’environnement.

DES LABELS, DES NORMES ET DES CERTIFICATIONS

La HQE, régie par une association d’utilité publique, propose un habitat qui respecte l’environnement et la santé des occupants, en leur proposant un maximum de confort.
De plus, la qualité des matériaux peut être définie par différents labels, normes et certifications de portée nationale (NF…) ou internationale (CE, Nature plus, FSC, PEFC…), mais aussi les fiches de traçabilité.

DES MATÉRIAUX DE CONSTRUCTIONS

Outre l’écobilan, les matériaux sont utilisés en fonction de différentes caractéristiques, pratiques et thermiques. Ainsi, une forte inertie thermique permet de réguler la température intérieure, été comme hiver. Globalement, les matériaux naturels remplissent cette exigence. Les systèmes « monomur » sont ceux qui, du point de vue pratique et thermique, présentent des meilleurs avantages.

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1. Le monomur est un procédé constructif basé sur des blocs auto-isolants assemblés à joints minces. Sa mise en oeuvre rapide génère une importante économie d’eau. De plus aucun isolant est nécessaire. Le monomur doit sa notoriété à la brique alvéolaire du même nom, mais ce principe s’applique à d’autres matériaux tels le béton cellulaire et le bloc de pierre ponce aux propriétés isolantes comparables.

2. Le bois empilé est une technique ancienne, qui a évoluée avec l’usage du madrier, mieux adapté que le rondin aux standards de vie modernes. Les pièces de bois, soigneusement calibrées, permettent d’obtenir des murs plans qui facilitent la pose de doublages isolants et se prêtent à tous les styles d’architecture.

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3. Le béton de chanvre est un produit récent en plein développement. Il bénéficie de bonnes caractéristiques thermiques et hygrométriques. Hautement écologique, sa matière première résulte de déchets de l’industrie papetière. Les blocs porteurs sont évidés pour recevoir, après montage, des montants d’armature en bois chargés de rigidifier la construction. Ils sont également percés afin d’insérer les gaines techniques.

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4. Le bloc béton se compose de matières naturelles disponibles en abondance et recyclables. Il est économique et durable mais un doublage isolant est essentiel pour obtenir de bonnes performances thermo-acoustiques.

5. La botte de paille provient de déchets agricoles (avoine, blé, orge…), d’où un bilan d’énergie grise pratiquement nul. Ce matériau polyvalent est utilisé aussi bien pour bâtir des murs qu’en isolation de parois. La finition traditionnelle est apportée par un épais enduit de terre et de chaux qui protège la paille et lui donne une grande résistance. Ainsi, la construction est d’une qualité exceptionnelle à un prix compétitif.

6. La brique silico-calcaire s’utilise fréquemment en maçonnerie apparente sans enduit, à l’instar de la plupart des matériaux de construction. Si son efficacité acoustique, est évidente, ses qualités thermiques laissent à désirer et nécessitent une isolation complémentaire.

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7. Les ossatures bois et acier offrent une grande souplesse architecturale. D’un coût compétitif, elles permettent de faire évoluer la construction selon les besoins. Très appréciées dans le secteur de la maison basse consommation, un grand choix de matériaux en remplissage et isolation de murs comme en parement, peuvent leur être ajoutés.

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8. Le parpaing de bois s’assemble par emboîtement horizontal et vertical. Il est fabriqué à partir de bois de rebut locaux. Les blocs existent en plusieurs formats, de type simples ou doubles, les seconds adaptés à la réalisation de maisons passives. Il existe aussi des versions en lamellé-collé à combiner avec une isolation par l’extérieur.

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9. La terre crue est un bon régulateur climatique, son niveau d’isolation dépend de l’épaisseur des murs et de leur composition : argile pure dite pisé ou mélangée de diverses façons. Ce qui, dans le second cas, améliore notablement ses performances thermiques.

LE CAS DU BÉTON CELLULAIRE

Conçu à partir de sable, de chaux, de ciment et de poudre d’aluminium, ce matériau friable émet beaucoup de poussière lors de sa mise en oeuvre.
De plus, la poudre d’aluminium utilisée pour créer l’expansion du matériaux est probablement toxique pour ceux qui le utilisent journellement.

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