FIBOIS SOUTIENT LA CONSTRUCTION EN BOIS LOCAL

Juin 03, 2019 0 commentaire par

Une étude menée par Fibois 42 en juin 2018 révèle les nombreux enjeux de la construction en bois local et appuie l’importance d’orienter cette démarche vers une dimension d’ordre environnementale..

Fibois 42 est une association de professionnels engagés pour le développement de la filière bois dans le département de la Loire. Cette association travaille au renforcement interprofessionnel, soutient les développements individuels et collectifs d’entreprises et fait la promotion de l’utilisation du bois, notamment dans les secteurs de la construction et de l’énergie. Les 150 adhérents qui la composent sont forestiers, donneurs d’ordres, constructeurs…

La construction en bois local : étude, bilan et projections

Près d’un tiers du territoire de la Loire est boisé. Cette ressource n’est aujourd’hui pas pleinement utilisée et trop de professionnels du secteur bois importent encore du bois de l’étranger.

La démarche du construire en bois local c’est :

  • Limiter les transports pour diminuer l’émission de gaz à effet de serre
  • Exploiter les ressources naturelles et gérer les parcs forestiers
  • Anticiper, adapter et proposer des projets selon les ressources en bois ligériennes
  • Créer des emplois : l’utilisation de 1000m² de bois local génèrerait 21 emplois à plein temps pendant 1 an répartis parmi les différents corps de métiers de la filière :
    • Gestion forestières
    • Bûcheronnage, débardage et transport
    • Scierie et transformation
    • Construction, bois, charpente
    • Bureau d’études
    • Chantier

Sur la base de trois études de constructions de bâtiments dans la Loire – dont une maison individuelle à Pelussin – une réhabilitation d’un bâtiment de bureaux à St Chamond – la volière du zoo de Saint-Martin-La-Plaine – 2 variantes ont été étudiées : variante bois local et variante bois d’importation.

Voici les grands axes qui ont été mis en évidence.

  • Un premier constat d’ordre financier. L’analyse montre des différences de coûts faibles entre les deux variantes. Le bois massif, très courant localement est compétitif alors que le lamellé collé en bois local présente un surcout significatif face aux bois d’importation.
  • La problématique des délais ! En effet les produits standarisés sont stockés par les fournisseurs et sont donc livrés à la demande aux charpentiers, alors qu’un bois local demande une importante anticipation de la part des constructeurs : sciage, séchage, rabotage. Ce qui peut amener des délais de réalisations trop allongés.
  • Un bilan environnemental indiscutable. Le bois importé et stocké est un « puit » de carbone.
  • Anticiper pour penser local. Tous les produits ne sont pas disponibles localement. Pour répondre de manière cohérente à cette problématique, il est important d’impliquer tous les acteurs afin d’anticiper les enjeux de chaque projets dans leur globalité. Cette connivence permettrait d’offrir une solution locale pour tous types de chantiers.
  • Le sur-mesure. La force du local

La démarche du construire en bois local est cependant freinée par les exigences imposées par le Code des marché publics qui ne reconnait pas la notion de bois local.

Toutefois, l’étude permet de rester optimiste et de dégager des solutions en spécifiant clairement la volonté d’inscrire le projet dans une démarche de développement durable et de favoriser les ressources humaines et matérielles du territoire. L’utilisation de la certification « Bois des Territoires du Massif Central » par les maitres d’ouvrage et d’œuvre peut favoriser l’utilisation de bois local.

Retours d’expériences

La maison passive individuelle à Pélussin : fruit d’une véritable collaboration entre l’architecte, le charpentier et le thermicien

Pour cette maison de 144 m², située dans le Massif du Pilat, le client souhaitait combiner la luminosité et la performance énergétique. Les murs ont été réalisés en ossature bois, de provenance locale, avec une isolation par l’extérieur finie par un enduit. La structure (ossature, chevrons de toiture et solives de plancher) est quasiment exclusivement en bois massif provenant de scieries de proximité. Seules les 2 pannes de toiture sont en lamellé-collé non local.

En quelques chiffres 

la distance moyenne parcourue par le bois de la forêt au chantier est de 130 km et l’émission de CO2 due à son transport est de 250kg (contre 2600kg pour une simulation avec la variante de bois d’importation).
6,1% d’économie réalisée par le charpentier sur la fourniture du bois local et 0,2% réalisée par le maître d’ouvrage sur la totalité du projet par rapport à l’alternative bois importé.

La réhabilitation d’un bâtiment de bureaux à St Chamond, une collaboration entre 2 acteurs locaux : l’entreprise de charpente Lignatech et la scierie Forge-Mahussier

Ce projet est une réhabilitation d’un bâtiment de bureaux réalisée en 2017. Les murs manteaux ont été conçus en ossature bois massif préfabriqués en atelier. Ces derniers assurent les fonctions d’isolation et de support du nouveau parement extérieur. L’entreprise de charpente Lignatech, acteur du projet s’est approvisionné auprès de la scierie Forge-Mahussier, située sur le même site. Il n’y a eu aucun transport entre la première et la seconde transformation du bois. Ce qui est remarquable sur ce projet ! Car avec la variante bois d’importation la consommation en CO2 due au transport aurait été de 8 100kg soit 12 fois plus qu’avec la variante bois local. Certes un certain surcoût a du être supporté par le charpentier mais la démarche en valait la peine !

Le volume de bois utilisé pour ce projet est de 62m3.

Architecture, Constructeur, Dossier Projet, Maison bois

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