Des maisons positives : déjà pour aujourd’hui

Avr 24, 2014 0 commentaire par

En 2020, on demandera aux maisons individuelles de produire plus d’énergie qu’elles n’en consomment selon une nouvelle norme : BEPOS – Bâtiment à énergie positive. Sans attendre 2020, les constructeurs y travaillent déjà et proposent des solutions innovantes.

Pour les aider, l’association Effinergie a lancé en février dernier son label Bepos- Effinergie 2013. Les maisons qui méritent ce label respectent à la fois la RT 2012 et le label Effinergie+ : leur bilan prévisionnel de consommation d’énergies non renouve-lables doit s’approcher le plus possible de zéro, l’énergie grise et le potentiel d’écomobilité sont pris en compte. On ajoute enfin l’énergie produite pour associer le terme de « positif ».

La maison positive : déjà une réalité

Sans titre 1En Rhône-Alpes, en Franche-Comté ou en Bretagne, des maisons positives ont vu le jour. L’objectif des professionnels déjà lancés dans cette aventure est de maîtriser les aspects techniques et réglementaires en conservant un prix abordable : 10 à 20% de plus qu’une maison normale soit entre 1500 et 1800 euros par m2, jusqu’à 2000 pour une grande surface. Mais l’investissement peut être rentabilisé sur plusieurs années grâce aux importantes économies d’énergie. Ces maisons bénéficient en effet des dernières découvertes technologiques : mode constructif, équipements dernier cri, mais surtout un soin particulier accordé au bâti avec une conception bioclimatique et une isolation et une étanchéité à l’air renforcée. Les constructeurs s’inspirent du label allemand PassivHaus qui nécessite une consommation de chauffage annuelle inférieure à 14kWh par mètre carré.

Une conception bioclimatique

Sanstitre6La première étape selon BEPOS est de déterminer le besoin bioclimatique de la maison grâce au coefficient Bbio. Il évalue précisément la quantité d’énergie à employer pour chauffer et produire de l’eau chaude en prenant en compte les apports naturels et les performances du bâti. On peut concevoir ainsi des maisons qui peuvent presque se passer de chauffage.
Il s’agit de suivre le soleil pour en capter le rayonnement, stocker cette énergie, la distribuer et la réguler. Il faut donc s’intéresser à l’implantation de la maison, à son architecture, à la distribution intérieure, aux choix des matériaux, à leur couleur etc.
L’implantation de la maison sera réfléchie pour la meilleure orientation possible en fonction du terrain. Les grandes baies vitrées, équipées de casquettes ou de brise-soleil, seront placées au Sud, au Sud Est ou à l’Ouest tandis que les pièces techniques comme les toilettes, le garage ou le cellier, seront placées au Nord puisque les fenêtres peuvent y être plus petites. L’entrée sera construite comme un sas pour éviter la perte de chaleur en hiver. Les plans traversants faciliteront la circulation de l’air pour rafraîchir la chaleur estivale.
Les constructeurs font preuve d’ingéniosité : tout est pensé pour une meilleure adaptation aux saisons. Ils proposeront par exemple de planter des arbres à feuilles caduques face aux baies vitrées. Cela assurera une certaine fraîcheur en été et ne masquera pas la lumière en hiver. On pourra aussi utiliser de manière active le facteur bioclimatique : des capteurs placés un peu partout dans la maison pourront piloter volets ou stores en fonction de la météo. On proposera aussi ces commandes par internet ou par téléphone mobile.

Un bâti innovant

Sans titre 2Mais c’est le bâti de ces maisons « positives » qui bénéficie du plus d’attention. Deux méthodes : choisir un mode constructif traditionnel en le revisitant par des techniques plus efficaces comme par exemple les blocs rectifiés assemblés par un mortier- colle, ou alors, choisir un mode constructif innovant avec des prémurs fabriqués en usine ou des ossatures métalliques. On utilisera par exemple le Thermoform. Il s’agit de couler du béton dans des blocs de coffrage isolants en polystyrène expansé : très grande performance thermique et une excellente étanchéité à l’air.
Une des maisons positives les plus performantes d’Europe a été construite à Saint-Priest (69). A la structure métallique, sont associés des isolants hors normes. Certains sont à changement de phase : ils se liquéfient sous l’effet de la chaleur puis se solidifient en la restituant à l’intérieur.
Le sol, lui, peut être construit au moyen de poutrelles en béton garnies de caissons d’isolant, comme du polyuréthane. Une fois sous chape, un tel plancher évite les ponts thermiques, donc les déperditions énergétiques.
Quant au toit, la source majeure habituellement de déperditions caloriques, il peut être isolé, en construisant par exemple les
plafonds par deux couches croisées d’une épaisseur de 400 mm avec frein vapeur indépendant.
Les menuiseries, enfin, sont souvent à triple vitrage, recouvert d’un film métallique qui piège à l’intérieur les calories solaires. Dans certaines régions, on pourra choisir simplement du double vitrage en paroi sud. Et puis, il faudra aussi veiller aux détails : coffrage des volets roulants, prises de courant etc. On équipera même les portes et les fenêtres de rupteurs de ponts thermiques.

Un air positif !

Sans titre 8Pour l’étanchéité, le label BEPOS reprend les recommandations de la RT 2012 : pas plus de 0,6 m3/m2 de paroi/heure de fuites d’air vers l’extérieur. Mais cette performance est dépassée par les constructeurs.
Une maison étanche doit aussi avoir une bonne ventilation. Le plus souvent, les maisons positives emploient des VMC double flux : les calories de l’air sortant sont récupérées pour préchauffer l’air entrant. Associée à une pompe à chaleur, le résultat permet de sérieuses économies énergétiques pour un environnement agréable. La pompe à chaleur peut aussi alimenter un chauffeeau ou la production d’eau chaude peut venir d’un ballon solaire. Mais certaines VMC double flux thermodynamiques peuvent même prendre en charge le chauffage, le rafraîchissement et la production d’eau chaude ! Comme la réglementation BEPOS recommande d’utiliser au moins une source d’énergie renouvelable, voici qui ouvre des pistes !

Une maison + !

Pour que la maison soit positive, il faut aussi qu’elle produise de l’énergie. La solution la plus simple : les panneaux photovoltaïques qui peuvent alimenter la maison voire même une voiture ! L’énergie peut aussi être revendue à EDF, ce qui permet de rentabiliser l’opération.
L’installation de micro-éoliennes reste marginale mais un nouvel équipement vient d’être commercialisé : l’écogénérateur. C’est une chaudière gaz à condensation équipée d’un moteur stirling qui fonctionne grâce à la chaleur issue de la combustion. Un tel appareil peut ainsi couvrir près de 80% de l’électricité d’une famille standard.

Sans titre 6

Constructeur, Dossier Projet, Eco Construction, Economie d'énergie, Energies renouvelables, RT 2012

A propos de l'auteur

L'auteur n'a pas encore ajouté d'informations à son profil
Aucune réponse à “Des maisons positives : déjà pour aujourd’hui”

Laisser une réponse