Comment la loi Duflot compte moderniser le secteur de l’immobilier ?

Juin 19, 2013 0 commentaire par

Plafonner les frais d’agence, encadrer les tarifs des syndics ou encore réglementer l’activité des marchands de listes. Le ministère du Logement a dévoilé début juin dernier, des mesures du futur projet de loi Duflot destiné à lutter contre des pratiques abusives dans l’immobilier pour restaurer la confiance des consommateurs et améliorer le niveau des compétences des professions immobilières.

« Tarifs injustifiés et excessifs, non respect des obligations, opacité, coûts de transaction trop élevés sont autant d’éléments qui entravent l’accès au logement et pèsent in fine sur le budget des ménages », constate le ministère du logement dans un communiqué. Cécile Duflot a donc décidé de passer à la vitesse supérieure en annonçant plusieurs propositions afin d’encadrer les  professions immobilières.

Parmi les mesures les plus marquantes qui seront incluses dans le prochain projet de loi sur le logement et l’urbanisme, qui doit être présenté en conseil des ministres le 26 juin ou le 3 juillet, l’interdiction faite aux agences immobilières de faire payer systématiquement un mois de loyer aux locataires d’un nouveau bien. Elles ne pourront en effet leur facturer que la moitié de la réalisation de l’état des lieux et de la rédaction du bail, les autres services étant à la charge du bailleur. Les syndics obligés d’ouvrir un compte bancaire séparé Le montant incombant au locataire sera par ailleurs plafonné par décret, « de façon à garantir qu’il correspond au coût réel des prestations et à limiter les abus », et les agences immobilières devront afficher clairement la rémunération à la charge de chacune des parties. Concernant les syndics, souvent mis en cause pour un manque de transparence des tarifs, le projet de loi va limiter strictement les prestations pouvant faire l’objet d’une tarification supplémentaire par rapport au tarif de base.

La liste des frais dits particuliers sera ainsi déterminée par décret, et toute les autres prestations seront réputées de gestion courante, et ne pourront faire l’objet d’une facturation supplémentaire en dehors du forfait annuel, explique le ministère. Les syndics seront par ailleurs obligés d’ouvrir un compte bancaire séparé pour chaque copropriété, ce qui permettra une plus grande transparence dans l’usage des fonds et facilitera leur récupération en cas de liquidation judiciaire du syndic. Benoist Apparu a vu « une erreur » Autre pratique souvent pointée du doigt, les marchands de listes devront détenir un mandat exclusif sur les biens figurant sur les listes qu’ils vendent, afin d’éviter que leurs clients ne se voient proposer que des logements en réalité déjà loués. Le projet de loi instaure aussi une obligation de formation continue pour les professionnels de l’immobilier et crée un organisme de contrôle, baptisé Conseil national de la transaction et de la gestion immobilières, « pour mettre à l’écart certains professionnels peu scrupuleux » et rétablir la confiance des consommateurs envers la profession dans son ensemble.

Benoist Apparu, ancien ministre du Logement, a vu « une erreur » dans le projet Duflot de plafonner les frais d’agence immobilière payés par le locataire, qui risque d’aboutir à privilégier les propriétaires. « Quelle est son idée ? J’imagine que c’est redonner du pouvoir d’achat aux locataires », a dit M. Apparu. « Mais où est son erreur ? C’est que, aujourd’hui l’agent immobilier est payé par les deux, et donc il travaille pour les deux. S’il est payé par le propriétaire, qui va-t-il avantager ?.. le propriétaire ». Il s’est également dit hostile à tout durcissement d’un encadrement des loyers, « une erreur très lourde, qui va totalement bloquer la construction de logements ».

sources: www.batiweb.com

Immobilier, Législation

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